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Parce que c’est de la simplicité qu’émane la grandeur...

Parce que c’est de la simplicité qu’émane la grandeur… Parce que le propre du créateur est, partant de rien, de faire surgir le tout.

Quand j’étais enfant, je voyais avec le cœur. Aujourd’hui, je peux y mettre des mots. Alors, que voyait l’enfant lorsqu’elle a ouvert les yeux sur toi, un soir de Hit Parade, sur une des 4 chaînes télévisées de l’époque ?

Elle a vu cette image. Et la scénographie autour… Les cases qui s’allument, les filles de l’affiche qui se retournaient sur toi et souriaient, ta silhouette qui disparaissait à tous les coins de rue, laissant tantôt choir une pochette en peau de léopard, tantôt des draps qui s’allumaient, puis retombaient, vides, en s’éteignant…

Mais cette image. Et ce geste… Comme le cœur de tout. Comme la lave en fusion au cœur d’une planète. Déjà source de vie, déjà source de création, déjà un Tout.

Car il est là, le génie. Dans peu de choses. Dans une fulgurance, une spontanéité, dans un geste anodin et pourtant inconcevable, celui qui consiste à relever une manche de blazer en cuir noir sur un bras de chemise rose. Qui d’autre aurait eu cette intuition ? Qui d’autre, d’ailleurs, aurait osé combiner chemise rose et cuir noir ? [Ne m’en veux pas de ne pas évoquer ici le petit nœud papillon rouge…] Mais surtout, qui l’aurait porté avant tant de classe ?

De ce geste improbable émanait, alors, un je-ne-sais-quoi de folie, d’atteinte à toutes les conventions, à toutes les règles, voire même à toutes les bienséances. Pour une petite fille, c’était une promesse de fraîcheur, d’amusement, de légèreté, d’originalité, d’innocence enfantine qui faisait de toi un alter ego, en forme de prince charmant inatteignable, trop beau et trop particulier pour être vrai.
Celui en qui j’aurais et j’ai mis, finalement, toute ma confiance instinctive, comme on reconnaît avant de connaître, d’un ailleurs, d’un avant, des limbes, peut-être, qui sait, ou d’une autre vie. 
C’est, aujourd’hui je le sais, une explosion d’étoiles et de promesses qui préfigurait tous tes décalages, toutes tes avancées, toutes tes sorties de route – une route qui ne mène nulle part, qui est toute tracée. Toi, tu savais qu’il est bien meilleur de marcher en enfonçant ses pieds dans l’herbe grasse que de se les tordre sur les cailloux…. On rencontre là, dans les hautes herbes, plus de fleurs, et les chemins sinueux sont les plus riches de parfums, de paysages et de terre non foulée.

Alors voilà. De rien, tu as signé une personnalité. Pour moi, aujourd’hui je l’ai compris, ce geste est une inscription, en filigrane, de toute ton œuvre. 
Une œuvre des impossibles, rendus possibles, par l’imagination, le culot, le talent, la persévérance. Avec ce geste, tu as fait naître en moi un « Wouah » sans mot, expulsé du cœur comme une révélation. 
Tu as quitté la route toute tracée, à l’époque, comme aujourd’hui tu as quitté ce monde trop prévisible. Nous sommes 33 ans plus tard. Et 7 ans après. De jolis chiffres, comme tu les aimes. 
Merci pour les sentiers où tu nous as guidés. Merci pour les plans et les cartes que tu as laissés. Tels des pèlerins, après avoir marché à tes côtés, nous suivons tes pas. Tu es notre bâton, notre appui, notre guide. Surtout garde-nous ta lanterne et quelques cases allumées, sur le chemin, afin que nous ne perdions pas l’espoir.

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