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Du génie princier....

13120023 10209678894154887 6991217640979509788 oDis, tu les entends, ces cordes à partir de 1’59 ? Non, écoute du début. Écoute toute la chanson. Tu ne verras pas la même chose si tu découpes, si tu ne regardes qu’un détail de la fresque. Recule de quelques pas. Mets depuis le début et ne dis pas que tu connais par cœur, que c’est du rabâché. Chaque lever de soleil, le matin, chaque crépuscule, le soir, chaque firmament, la nuit, est-il du rabâché ? Alors, ne regarde pas, si possible d’abord. Tu regarderas après. Car l’œil distrait et trompe parfois. Il raconte autre chose.

Tu la vois, l’intelligence, celle qu’on dit pourtant invisible, intangible, impalpable ? Glisse ta main dans le fluide, trempe tes oreilles dans la vague….
Tu vois, comme on voit avec les oreilles - car, pour moi, voir est plus souvent une expérience auditive que visuelle - la grandeur qui sort du dépouillement… Le drame étranglé d’une guitare qui mime la souffrance, qui hurle l’émotion, branchée par une artère qui puise directement dans le sang… écoute…. Écoute ce qu’il dit, ce qu’il décrit et dessine, avec juste 2 notes, amies-ennemies dans un demi-ton et répétées….

Puis, entends-tu maintenant cette voix haut-perchée et ce petit contrechant de rien ?… La théâtralité de cet orchestre, la chaleur de ces bois et la puissance de ces cuivres, qui s’insèrent dans le génie et semblent avoir toujours eu leur place ici-même. Ils imbriquent le ying et le yang, marient les contraires, clouent le bec à tous ces étriqués bien-pensants, normatifs, voire exclusifs, au sens strict du terme.

Mais oui…. Ce que tu entends, n’en déplaisent à tous ceux qui trouveront à redire - parce qu’ils jugent et cherchent chez les autres la perfection qu’ils refusent de soustraire à leur propre C.V. - c’est que, de ces quelques riffs de 4 notes, vocaux et instrumentaux, en apparence si simples, émergent la somptuosité, la splendeur, la lumière. Car le talent se contente de peu de matériaux pour construire des merveilles.

Tu entends comment cet orchestre, a priori si éloigné esthétiquement de cette guitare - et sorti tout droit de la version originale, où il était en catimini dans la coulisse des dernières mesures - devient, ici, un personnage à part entière, qui hurle à notre évidence ?…

Vois-tu, à ce moment précis où le tableau est enfin complet, avec la voix, l’orchestre, la guitare, les ad lib, vois-tu le champ s’ouvrir devant toi ? Vois-tu encore, et toujours à ce moment précis, combien l’horizon est immense, combien le ciel est infini ? Vois-tu à tes pieds, juste là, l’éventail de l’éternité, le contour d’une expression de la Vérité, qui se déploie, qui se déroule, jusqu’à perte de vue et de connaissance ? Vois-tu l’arc-en-ciel des sons et des couleurs musicales qui se dessine devant toi ? Sens-tu l’explosion des émotions portées par la musique et relayées par des milliers de voix, préfigurant le feu d’artifice final?

Comprends-tu que l’intelligence est là, devant toi, incarnée, vocalisée, instrumentalisée, sonorisée, orchestrée dans un hit pop rock bien mieux que dans 2000 discours niais et mielleux de politiques ou d’humanitaires ? Saisis-tu que ces génies œuvrent bien davantage, nous façonnent, nous broient, nous reconstruisent bien plus parfaitement que ne le feront jamais toutes leurs lois sensées suppléer hypocritement et lucrativement à la mort du bon sens et du bon cœur ?

Prince est de ces grands seigneurs qui ne tireront jamais leur révérence. Dans tous les sens du terme. Il a été plus vivant que bien d’autres humains, et, pour cela et en cela, il le restera bien davantage. Dans tous les sens du terme également.
Prince...

 

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