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Xscape.... Final Curtain...

10687253 10205014658511911 6458269049391766426 oBillet de (très très mauvaise ou très très dépressive) humeur….

 

C’était le jour J….. J’étais motivée… vous allez rire… à quoi ? à écouter Xscape… Ben oui, y a des choses comme ça, qui passent pas facilement… Faut des « moments »… J’avais envie de découvrir. C’était là, c'était le bon, y a une heure… Dans mon salon… En dépit du soleil, de la piscine, de l’anniversaire de mon fils, de l’envie d’écrire… De tout ça…. Tout à coup, Xscape passait avant tout. Vous voyez, c’était sincère et positif, ouvert à toutes les possibilités….J’espérais des bonnes surprises, pas partout, mais quand même quelques-unes…

 

Quand j’ai entendu « Love never felt » c’était à la radio, dans ma voiture. Donc, là, je m’attendais au vrai son habituel de mes enceintes, sans même parler d'MJ parce que, bon, Swedien n’est plus là, mais quand même...

 

Mon Dieu…. Désolée, hein… Eu égard aux pistes vocales qui sont ce qu’elles sont, c’est-à-dire, à l’inverse de certains titres de « Michael », préservées, plutôt bien, assez intactes, fidèles à lui….

 

Mais… vous savez quoi ? Vous allez rire (ou pas) mais je promets que c’est vrai… J’ai fait 3 fois le tour des enceintes… Cru qu’elles étaient en panne…

 

Descendue, au bout de 3 pistes, chercher d’autres CD dans ma voiture pour vérifier si elles avaient pris un coup ou pas (avec les enfants on sait jamais…)

 

Ben non…

 

Phil Spector est revenu…. L’époque en moins… L'innovation et le goût, aussi.... Le « mur du son » vous connaissez ?? Celui qu’on se prend de face, pas « Off the Wall »… en plein comme ça, d’un coup d’un seul, pas brique par brique…

 

C’est quoi tout ça ???? J’ai eu envie de pleurer… 

 

Ça sature de partout, tout est en un bloc, quand y a pas encore du souffle derrière… Je parle pas des arrangements, là, non. Pas encore… J’ai même pas envie d’en parler à vrai dire..

 

Je parle du son. Juste du son… Cet air qui vibre et se déplace d’une source vivante, émotionnelle, sanguine même, à un réceptacle vibrant, vivant, lui aussi, sensible…

 

Je suis désolée, mais je peux pas. Je vais me forcer, hein, tenter de passer outre…. Mais moi, quand j’écoute et écoutais du Jackson, c’était pour le son (pas que, certes, mais purée, c’était ça !!!, le son !!!). Le SON…. Cette pureté, cette transparence, ces perles, ce champ tridimensionnel. 

 

Comme j’ai dit un jour à Bruce au fond de son canapé, vous ne faîtes pas un « mur » du son (Spector est son ami), vous aménagez un « espace » sonore. Oui, comme Q le dit, comme un peintre, comme un architecte. Je lui avais d'ailleurs dit, et je l’ai écrit, c'est publié quelque part, pour moi, lui et MJ étaient des écolos du son. Respectueux de la nature de chaque plant... du terroir de chacun, de son environnement, la qualité de son eau, de son air, aménageant les structures, les lignes contrapuntiques comme les allées d’un jardin, soignant et mélangeant à la fois les couleurs, les variétés, pour que l’un protège et/ou pollinise l’autre, naturellement, sans artifice, sans engrais… Ils caressaient chaque feuille, égrenaient la terre, la fleuraient, regardaient pousser chaque plante, s’inquiétaient de sa bonne place, de son bien-être…taillaient, comme des Lenôtre...à la française ou pas... mais avec classe, goût, talent, respect pour eux et le public...nous...les visiteurs du jardin...

 

Bon alors voilà… J’adhère pas. Pas du tout à ce son massif, tantôt clusterisant, tantôt saturant... J’aime le bio, mais je sais que le bio coûte plus cher que le discount.

 

Seulement Michael est un produit de luxe. Pour moi, il n’a rien à foutre dans ce supermarché à bas prix… Pas plus qu'on ne sert un mets de choix au milieu de frites grasses…

 

Même « Invincible » sonne mieux. Certes Swedien est intervenu. Certes, toutes les pistes ne sont pas urban electro…

 

« Chicago » ? J’en attendais du subtil… J’ai cru être dans l’ambiance d’un hit au soleil couchant, nénettes sur les capots des berlines… Manquait juste Justin Bieber… La même salade… Interchangeable. Décevant de banalité.

 

« Slave To The Rhythm » ? « Do You know where you children are ? » Même les versions-amateur de Youtube sont meilleures, plus subtiles, plus équilibrées, c’est normal ça ??

 

Mais bon sang, même « A Place without no name » ils en ont fait une soupe ! On ne distingue pas un haricot d’une citrouille, c’est du fast-food !! Même couleur, même texture en bouche, même non-goût…

 

« Blue Gangsta », j’ai eu de l’espoir sur les premières mesures… Il s’est évanoui…

 

« Xscape »… Non j’en dirai rien, vous avez compris… Tout est du même ordre… Je suis désolée vraiment…

 

Désolée dans tous les sens du terme…. Désolée pour vous qui lisez cela et appréciez peut-être ou sans doute ce disque. Je vous envie, en quelques sortes. J'aimerais tant l'aimer...Désolée pour la musique, pour lui, pour moi parce que j’en ai eu la nausée. Vraiment.

 

Tout est interchangeable à souhait… Commercial à mort… de la grosse tambouille… à bas coût… à gros rapport…

 

Oui, on surfe sur le chagrin, sur l’envie légitime et puissante que nous pouvons tous avoir de l’entendre lui, de découvrir sa voix, ses inédits…. 

 

Mais bon sang, à quel prix ??? à celui-là ???

 

Je suis en fureur. En colère. Morte de tristesse…

 

C’est la première fois que je piétinais d’impatience que cela se termine, piste après piste…

 

Oh non, pitié… Pas ça… Tout mais pas ça… Qu’on arrête, je vous en supplie… Qu’on vende les démos, qu’on mette tous à nos poches pour payer les « anciens » qui savaient et sauraient, eux, quoi faire, dignement… Si seulement je gagnais au loto…. Qu’on arrête de promouvoir de nouveaux (ou pas) producteurs (ou pas) à la mode (ou pas) là-dessus. Qu’ils s’en prennent à Madonna, à Prince, à qui ils veulent. Pas à MJ.

 

Mais qu’on arrête de tirer sur l’ambulance !!!!…. Celle du chagrin, du manque…

 

Il y a des moments comme maintenant, je me sens l’âme d’une Believer…. Bon sang, s’il pouvait revenir… Si tout cela n’était qu’une immense farce… Déconne pas Michael… Ton humour oui, mais pas dans ce registre… ça c'est sûr.... C’est bien pour ça….que j'y crois pas.

 

Je suis désolée, j’espérais avoir de bonnes surprises, pouvoir faire un papier lui aussi équilibré… dire des choses positives…. Parce que Dieu sait que cela me coûte d’écrire autant de noirceur….

 

« Michael » était tout bon et tout mauvais à la fois, c’était selon les pistes… mais au moins y avait des coins, des cagibis où on pouvait se rabattre, se consoler…Là, heureusement, il y a les démos… Pour le reste… Pardon….

 

Définitivement, une grande portion de la musique populaire est morte le 25 juin 2009, et avec elle s'est refermé un grand pan de l'histoire de la musique. C’est ce que j’ai ressenti à l'aube du 26 juin quand j’ai versé mes premières larmes. C’est ce que je pense aujourd’hui, en en versant d’autres. Je ne pensais pas pourtant qu’il était possible de continuer à massacrer un corps sensé vivre par sa musique.

 

Pour moi, ces sonorités « musicales » sont à Michael Jackson ce que Monsanto est à Ducasse et Loiseau, et ce que Rondo Veneziano est à Mozart et Beethoven.

 

A l'heure des "préparations à base de viande" dans les hamburgers, du cheval dans les lasagnes, des génériques dans les pharmacies, quoi de plus "dans le vent" finalement que ce type de production... 

 

Ah, s'il s'agissait de foot, nous parlerions d'éthique oui... pas de "The Feet" pour rentrer à l'OM ou de "Foot Academy" pour courir les championnats du monde... Quel scandale ce serait, mes amis... Mais pour la musique... Cette si superficielle "activité" de club péri-scolaire et de passe-temps dans les transports en commun, bouchons en commun, ascenseurs en commun, allées de supermarché en commun, émissions de musiques au kilomètre beuglées à celui qui en mettra le plus fort.... Pouah donc !...

 

Pardon pour ce mail décidément cinglant mais assumé par mes oreilles qui saignent et toutes les valeurs musicales auxquelles j’ai toujours cru et qui - selon moi toujours - ont fait de Michael Jackson ce qu’il est, ce qu’il a mis d’honorable dans son travail, ce qui fait qu'il n'y en a pas deux.

 

On n’est pas là dans le perfectionnisme jusqu’auboutiste. Non. Mais juste, à peine, dans le bon sens...

 

Pardon encore pour ce mail exutoire. Mais cela relevait de l’urgence médicale. Vitale.

 

Humeur en berne… Estomac noué… Boule dans la gorge…

 

(Le lendemain...)

 

s'échapper ? au moins le titre est de circonstance...

 

J’ai ré-essayé ce matin à la fraîche, d’écouter… Promis...Je me suis dit que ce n’était pas possible, que j’avais peut-être été un peu vite…Mais non…

 

Je repensais en écoutant… Ce mur derrière lui…

 

Il me semble qu’il y est acculé. Qu’à tout moment, le décor va lui tomber dessus. Lourd, fragile… Hors proportions… Mal ficelé. On voit les fils, les scotchs, les raccords… On entend, tout au moins…

 

Je repensais…. Le micro…

 

Cet allié fidèle, cet ami de l’ombre, invisible… Complice de l’intimité vocale qui unit le chanteur à son auditeur… Qui ne dérange pas, qu’on oublie, qui s’efface devant la voix, se retire sur la pointe du ruban ou de la bobine, avec bon goût et respect naturel, laissant seuls la voix et l’oreille aimante, l’oreille curieuse... Qui efface la frontière temporelle, la distance kilométrique… Qui fait que l’on oublie le reste, que l’on croit être deux, la voix et nous… 

 

Important… Fondamental… dans l’histoire du son… la technique du close-miking, comme on dit… initiée avec Bing Cosby… la transparence de Massenburg… le grain vocal de Roland Barthes… Bah…

 

Micro si fondamental, brillant par son absence virtuelle, dans la relation intime qui attache nécessairement deux humains…. Dans la substance même de l’émotion portée par cette voix et transmise à l’autre, partagée, confiée, sans intermédiaire détectable et parasite…

 

La musique… Parlons-en...Elle a toujours été pour cette voix comme un costume de fête, la cerise sur le gâteau. Une tenue d’apparat. Sur mesure… Une valeur ajoutée. 

 

Le pendant au Michael photographié en habit de roi, d’empereur, de prince renaissant… Un plus, un enjolivement… Dont on se passerait certes, tant sa voix dit tout. Tant il est aussi bien en jeans et débardeur.

 

Mais voilà… Une valeur ajoutée. Tout est là.

 

Pas un scaphandrier, pas une cotte de maille. Pas un intermédiaire encombrant, qui cache le sujet, l’écrase…

 

Jamais dans ses albums je n’ai eu envie de demander à la musique de se taire et de le laisser parler.

 

La musique, chez Michael Jackson, a cette particularité de fonctionner dans un échange... Musique, sons, instruments, timbres répondent, soutiennent, partagent en permanence avec lui. Chaque son est en équilibre avec cette voix qui elle-même se fait instrument, timbre, un alter-ego tantôt aux percussions, tantôt à la flûte, au grain distordu et trash de la guitare de Slash.... C’est un tout. Une scène de théâtre, avec des personnages qui interagissent au sein d'un décor tridimensionnel.Une cathédrale de sons spatialisés qui se répondent, s’équilibrent l’un avec l’œuvre. Une œuvre sonore.Où chaque chose est pensée, sans « trop » ni « pas assez », sans excès de zèle ou, à l’inverse, de timidité castratrice et stérilisante.

 

Là, le problème c'est que la musique se fait pour elle-même. Pas avec lui. Il n’y a pas d’interaction. Forcément.... Pas de travail orchestral, entre lui et eux. Chacun tartine son truc, comme pour s’auto-justifier, se féliciter d’être là pour poser sa musique. Et tant pis pour le reste.

 

Le Michael, il est tout seul. Il chante dos au mur.

 

Oui un mur. Vertical, d’un bloc. Sans profondeur, sans spatialisation sonore. Quelque chose de plat, de linéaire, de rêche. Qu’il ne maîtrise pas et pour cause…

 

Un placage d’une part. Sans la subtilité qui caractérise la signature « Michael Jackson », d’autre part.

 

Pour cela que je n’adhère pas au concept du nouvel album « de » Michael Jackson. Ce n’est triplement, centuplement pas lui.Mais forcément, pour les droits… Quel est le poids de l’éthique, de l’art, face au billet vert…

 

Alors oui, je l’ai toujours dit, c’est comme ça. L’ère Michael Jackson est terminée, faut rien en attendre (à part les démos et encore, qu’en aurait-il dit…), rien qui ne ressemble à ce qui définissait le son, la musique Jackson. 

 

La seule chose, c’est que si ça doit faire mal comme çà, de se le faire rappeler à chaque nouvelle édition.... C'est comme, à chaque fois, s'infliger de revoir son cercueil, ouvert ou fermé, se faire rappeler violemment qu’il est bien là, que c'est fini.

 

Dernière option… peut-être si j’écoute cette musique en fond, en faisant autre chose, elle passera… Mais est-ce ce que mérite un opus édité sous le nom de Michael… Est-ce ce que mérite sa voix ?

 

Je pense que j’en resterai aux démos. En attendant que d’autres gens qui ont vraiment des choses intéressantes daignent arrêter d’attendre des opportunités en s’asseyant sur leur coffre…

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